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Entretien avec Iñaki Encina OYÓN, nouveau directeur musical de l’Académie de musique ancienne du Périgord Noir

Cette année, la direction musicale de l’Académie de Musique Ancienne du Périgord Noir a été confiée au chef d’orchestre Iñaki Encina OYÓN, entouré d’une nouvelle équipe pédagogique, dont le violoniste Johannes PRAMSOHLER. Il succède ainsi à Michel LAPLÉNIE qui a dirigé l’Académie depuis sa création en 2002. Pendant une dizaine de jours, Iñaki Encina OYÓN et les professeurs ont fait travailler une trentaine de stagiaires internationaux, chanteurs et instrumentistes, pour monter l’oratorio "San Giovanni BATITSTA", du compositeur romain Alessandro STRADELLA, une œuvre du répertoire baroque (1675) peu connue du grand public. Quelques heures avant la seconde représentation donnée en l’abbaye de Saint-Amand-de-Coly, nous avons pu échanger avec Iñaki Encina autour de sa première expérience à la tête de l’Académie.

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Quelles sont vos impressions sur cette première Académie ?

En réalité, ce n’est pas véritablement ma première Académie de musique ancienne au Festival du Périgord Noir ! J’y avais participé, il y a une dizaine d’années, en tant que chanteur, sur un projet Marc-Antoine CHARPENTIER. Au sein de l’équipe, pédagogique, Johannes PRAMSOHLER, violoniste et responsable des cordes, avait également suivi une Académie il y a onze ans. 
Quand Véronique IACIU, la directrice artistique du Festival du Périgord Noir, nous a proposé de diriger l’Académie de musique ancienne, nous n’avons pas hésité car nous savions ce que nous allions trouver : un cadre calme pour travailler, un bel accueil et des produits locaux excellents ! Puis, nous avons réfléchi à ce que nous pouvions apporter de différent, par rapport à notre vécu, et avons cherché un ouvrage intéressant d’un point de vue pédagogique. Notre choix s’est porté sur l’oratorio « San Giovanni BATTISTA », composé au XVIIe par Alessandro SRADELLA , car il est relativement court (1h10), avec une distribution assez réduite (5 chanteurs) et un orchestre à cordes. C’est concentré mais il avait beaucoup de choses à faire, avec des rôles assez compliqués et des tessitures extrêmes demandant beaucoup de virtuosité. Au-delà du concert final et du plaisir de partager avec les artistes et le public un moment d’émotion autour de l’histoire de Salomé, cette œuvre était surtout pour moi, un prétexte, un excellent support de travail et d’enseignement. Je souhaitais que les chanteurs et les instrumentistes quittent l’Académie avec des atouts, des nouvelles idées, une direction de travail, des exigences, des connaissances pour apprendre un texte. Les trois premiers jours, j’ai organisé des séances de réflexion sur l’ouvrage, sur la compréhension du texte et de la langue italienne, sur la recherche des rimes... En parallèle, Philippe GRISVARD, chef de chant et responsable du continuo, menait un travail purement stylistique et Maryse CASTET, professeur de chant, faisait un travail très technique sur la voix. Les chanteurs ont pu ressentir de nouvelles sensations physiques. Quant aux cordes, chaque instrumentiste a pu bénéficier de leçons individuelles avec Johannes PRAMSOHLER pour perfectionner son jeu.
Tout au long de la semaine, cette dynamique pédagogique m’a vraiment passionné et c’est précisément dans cette direction que nous voulions travailler.

Comment avez-vous organisé la distribution des chanteurs ?

Nous avons rapidement établi deux distributions de cinq chanteurs et chanteuses. Compte tenu de la différence de maturité vocale des stagiaires, nous avons préféré faire un casting de jeunes chanteurs et un casting de chanteurs plus expérimentés. L’objectif était d’assurer un équilibre des voix à chaque concert. Au sein du groupe d’élèves, la moitié d’entre eux étaient au début de leur formation, comme la soprano Giulia MONTANARI, qui commence ses études et qui a tenu le rôle de Salomé lors de la première représentation. L’autre moitié se composait de chanteurs approchant la trentaine, avec des voix plus mûres et une certaine maîtrise scénique, comme Olivier DEJEAN, basse, qui a fait partie de l’Académie de l’Opéra Comique.
Les deux distributions proposent des interprétations très différentes, mais tout à fait intéressantes, tant pour les musiciens de l’Académie, que pour le public venu les écouter. Parmi les plus jeunes, certains chantaient pour la première fois un rôle aussi long, et pour ceux qui avaient plus de connaissances, ce fut l’occasion d’aborder un œuvre peu connue du répertoire et de donner une représentation de très haut niveau.

Que pensez-vous d’avoir pu donner cette œuvre, peu jouée, en l’abbaye médiévale de Saint-Amand-de-Coly ?

C’est un luxe ! Le lieu est absolument magnifique et lors de la première représentation, nous avons senti une belle écoute de la part du public. Tout au long de la semaine, nous avons eu aussi de nombreux visiteurs venus assister aux répétitions qui se déroulaient dans l’abbaye. Loin de nous déranger, ceci leur a permis de se rendre compte de l’étendue du travail effectué par les artistes pour monter une telle production. Ils ont pu évaluer la différence entre une première lecture et les "couches" que l’on ajoute pour obtenir le résultat final. 
Quant au choix de produire l’oratorio « San Giovanni BATISTTA » de STRADELLA pour l’Académie 2016, j’ai la réputation de travailler sur des ouvrages méconnus du répertoire. C’est un peu ma marque de fabrique ! J’aime proposer des œuvres que le temps a oubliées pour les faire découvrir au grand public, à qui l’on donne à entendre toujours un peu les mêmes choses...
En 2015, j’ai dirigé « Falstaff », un opéra en deux actes du compositeur italien Antonio SALIERI et cette année nous avons monté, avec l’ensemble Diderot, « Athalia » un superbe oratorio de Georg Friedrich HAENDEL qui a été présenté en avril dernier au Théâtre Roger Barat d’Herblay.

> Lire les biographies d’Iñaki Encina OYÓN et la nouvelle équipe de maîtres de l’Académie de musique ancienne, en cliquant ici.

Photographies de l'Académie 2016 : Paul DENAIS

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