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Entretien avec Alain MOULINIER, secrétaire général du Fonds de dotation du Périgord Noir

AMPérigourdin d’origine, engagé auprès du Festival du Périgord Noir dès sa création en 1983, secrétaire général du Fonds de dotation du Périgord Noir, Alain MOULINIER est convaincu que la culture est un réel facteur d’attractivité pour les territoires ruraux. Rencontré au cœur de l’été, pendant le Festival, il nous a accordé un moment pour répondre à nos questions et nous expliquer sa vision.

La Dordogne est un département profondément rural, avec une économie marquée par l'agriculture et la transformation des produits agricoles. Cependant, depuis une quinzaine d’années, on constate une nette progression du tourisme. Avec plus de 3 millions de visiteurs chaque année, il représente aujourd’hui 22 % de l'économie départementale et fait du Périgord, le premier département français en matière d’agro-tourisme.

Quelle est la place de la culture dans cette dynamique de développement ?

Alain MOULINIER : Il faut d'abord revenir à l'étymologie du mot culture, qui vient du mot latin « colere », signifiant « mise en valeur » mais aussi « habiter ». On voit que culture et développement sont intimement liés. La culture est investie de multiples rôles, endogènes et exogènes. Elle participe au développement économique régional, notamment en matière d’emploi, elle renforce la cohésion sociale et génère des points de rencontre entre des espaces plus ou moins fragmentés autour d'un même projet. De plus, en complément des services essentiels, elle est un élément fort pour le maintien de la population locale et l’accueil de nouveaux arrivants, séduits par l’image dynamique d’un département. Tout ceci contribue indéniablement à l’attractivité d’un territoire rural, tout au long de l’année. Dans tous les cas, la culture renforce le sentiment d’une identité locale, et ce, d'autant plus qu'il y a participation.

En Dordogne, les principaux centres d’intérêt plébiscités par les touristes sont, en nombre de visiteurs, la ville de Sarlat, les sites préhistoriques au premier rang desquels Lascaux, la vallée de la Dordogne avec son patrimoine et ses activités récréatives ou sportives, et les manifestations culturelles, dont le Festival Mimos et le Festival du Périgord Noir. On voit donc le lien entre patrimoine naturel, bâti, historique et les activités culturelles développées par l'homme qui donnent à cette région, dans un monde globalisé, une identité forte, un « terroir » où se marient productions agricoles renommées, peintures rupestres, balades en canoë et concerts dans des églises romanes.

Quelles sont les conditions du maintien et du développement d’une offre culturelle telle que le Festival du Périgord Noir ?

Alain MOULINIER : On touche là aux grandes règles de la gouvernance du développement local. J'ai été Directeur général en charge du développement rural au Ministère de l’Agriculture, et sais d’expérience que le développement local se pilote mal depuis Paris. Il passe avant tout par la confiance et ne peut réussir sans initiatives locales fortes et une leadership de qualité.

Ce sont précisément ces éléments qui ont permis au Festival du Périgord Noir et ses Académies d'exister et de rayonner, depuis plus de trente ans sur le territoire, avec des activités artistiques et solidaires se déroulant tout au long de l’année. Au-delà de la qualité des hommes et des femmes qui l’ont créé et développé, le Festival du Périgord Noir a bénéficié de l'attention bienveillante des pouvoirs publics et des collectivités territoriales (Région, département, communes). C'est maintenant aux acteurs de ce territoire et au premier rang d'entre eux, les chefs d'entreprises, de continuer à contribuer à ce développement pour que cette « participation culturelle » permette d'en maximiser tout l'effet d’entraînement.

C’est toute l’ambition du Fonds de dotation du Périgord Noir que nous avons créé en 2014. Reposant sur un principe de mécénat privé, dans une démarche d’intérêt général, ce fonds de dotation a pour vocation de financer des initiatives artistiques et solidaires autour de la musique classique et du jazz sur le département, et plus largement, en région Nouvelle-Aquitaine. Les entrepreneurs locaux et régionaux pourraient tout à fait soutenir ses actions et les inscrire dans leur stratégie de mécénat et de communication, externe et interne, d’autant que la fiscalité appliquée sur les dons dans ce contexte est assez incitative.

Alain MOULINIER
Ingénieur général des ponts, des eaux et des forêts, Alain MOULINIER occupe les fonctions de vice-président du Conseil général de l'alimentation, de l'agriculture et des espaces ruraux (CGAAER) depuis le 7 août 2016. Précédemment président de section au CGAAER, il fut, au préalable, Directeur général de la forêt et des affaires rurales au ministère de l'agriculture de 2003 à 2008, Directeur général de l'Assemblée permanente des chambres d'agriculture de 1998 à 2002, et Directeur général de l'Office national interprofessionnel des céréales de 1995 à 1998. 
Le CGAAER est présidé par le ministre de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la forêt. Il assure, à la demande du ministre, des missions de conseil, d'expertise, d'évaluation, d'audit et d’inspection.

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